DIRE CLAUDEL
du 15 au 22 novembre 2006
Selon Claudel, l’explication du monde par le vers est une chose possible.
Entrer dans la langue de Claudel, c’est en quelque sorte emprunter un chemin
limité par deux rampes auxquelles il s’agirait de s’accrocher fermement, le
chemin étant si accidenté, surprenant, vertigineux et visionnaire en ses
promontoires.
Pour moi aujourd’hui, ces deux rampes sont Stéphane Mallarmé et Arthur Rimbaud.
Mallarmé « vieux maître » de Claudel, son « professeur d’attention », qui provoqua chez lui un véritable choc de l’esprit avec son fameux « qu’est ce que cela veut dire ? » et de fait, tout chez Claudel peut être appréhendé par du concret, du terrien.L’action convoque les personnages, le drame doit arriver : rien de psychologique.
« Je dois à Rimbaud tout ce que je suis » écrira Claudel à Mallarmé, il parle aussi d’une « fécondation de leurs âmes ».La valeur première et incantatoire du langage si spécifique chez Claudel trouve selon moi son origine dans cette alchimie, cette décantation spirituelle des éléments de ce monde, art nouveau que Rimbaud tenta de nous faire découvrir.
Marcher CLAUDEL, donc…
Aller de la chose au mot et du mot à la chose. Pratiquer la visualisation des mots, des idéogrammes mots, travailler le rythme, danse poétique et les silences, les blancs, les répétitions … tenter de ne rien faire et tout à la fois ! Provoquer.
Impossible de séparer la poésie du drame chez Claudel.C’est pourquoi nous aborderons « Les neufs muses » la première des « Cinq grandes odes » et Le soulier de satin » qui est l’édifice central de l’œuvre.
Sophie BOUREL
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